Notre Parrain

Marcel Dassault (1892 - 1986)

Marcel Bloch est né le 22 janvier 1892 à Paris. Fils de médecin, dernier d’une famille de quatre enfants, il se passionne dès son jeune âge pour les nouveautés technologiques et, notamment, l’électricité. Après ses études secondaires, il entre à l’école d’électricité Breguet puis intègre l’école supérieure d’aéronautique dont il sort diplômé en 1913.

Sa contribution à l’aéronautique française débute lors de la Première Guerre mondiale. Versé au laboratoire d’aéronautique de Chalais-Meudon, il met son talent d’ingénieur au service de la France en créant une hélice baptisée Éclair (1916) et un biplace de chasse, le SEA 4 (1918) en collaboration avec Henry Potez et Louis Coroller.

Il se souvient : « Un jour, ou plutôt un soir, me trouvant au Bourget, je vis arriver Lindbergh sur le Spirit of Saint Louis qui venait de traverser l’Atlantique. J’ai compris alors qu’il y avait quelque chose de changé dans l’aviation et que l’aviation civile allait naître. Comme l’avion de Wilbur Wright m’avait conduit à l’aviation, le Spirit of Saint Louis m’y a ramené ».

Sa société étant nationalisée par le Front Populaire en 1936, il crée, le 12 décembre de la même année, la Société anonyme des avions Marcel Bloch (SAAMB) qui constitue, juridiquement, l’acte de fondation de l’actuelle Dassault Aviation. La Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO), dont il est administrateur délégué, est chargée de construire ses avions en série.

Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, ses appareils contribuent à la défense du ciel de France en 1939-1940. Après l’Armistice, Marcel Bloch est interné par le gouvernement de Vichy. Il refuse de collaborer avec l’envahisseur et, après avoir connu avec sa femme et ses enfants le fort de Montluc à Lyon puis le camp de Drancy, il est déporté à Buchenwald durant huit mois. De santé fragile et âgé de 52 ans, Marcel Bloch peut redouter de ne pas survivre longtemps dans un camp de concentration particulièrement dur, mais il est repéré et signalé auprès du «Comité des intérêts français » dirigé par Marcel Paul, membre du Parti communiste français et chef de l'organisation clandestine du camp, et également par Albert Baudet. C'est à cette organisation qu'il doit d'être encore vivant à la libération du camp en avril 1945.

En 1945 à 53 ans, pourtant paralysé par une maladie post-diphtérique, il reprend ses activités aéronautiques. Pour oublier la période noire de la guerre, Marcel Bloch et sa famille décident de changer de nom. Il devient Marcel Dassault en 1949, Dassault étant une déformation du nom de code « Char d'assault », pseudonyme utilisé par son frère le général Darius Paul Bloch dans la résistance. Il décide également de diversifier ses activités en devenant patron de presse (Semaine de France puis Jours de France) et homme politique (Sénateur des Alpes Maritimes puis député de l’Oise). C’est sous son nouveau nom que l’aviation à réaction lui apporte la reconnaissance internationale son génie.

Le MD-450 Ouragan (1949), premier avion à réaction de l’armée de l’Air française, réalise les premières percées à l’exportation (Inde, Israël) de l’industrie aéronautique française d’après-guerre et le Mystère IV (1954) consacre la reconnaissance du savoir-faire de sa société lorsque que les Etats-Unis commandent 225 appareils dans le cadre d’un accord de l’OTAN. En 1967, la Guerre des Six-Jours entre Israël et ses voisins arabes assoit définitivement la renommée de la qualité des appareils Dassault. La notoriété de Marcel Dassault est également due à sa participation au développement de la force nucléaire stratégique française, décidé par le gouvernement français à la suite de l’expédition de Suez en 1956, à travers le programme Mirage IV (1959).

Le 1er Juillet 2016, Marcel Dassault, devient le parrain de la promotion 2015 de l'Ecole de l'Air, 80ème promotion de l'Ecole de l'Air.